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des déportés d'Auschwitz 39 bd Beaumarchais 75003
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de la DEPORTATION et de la SHOAH - Amicale d'Auschwitz (Association loi 1901 J.O. du 29 mai 2004) |
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6 camps en France avant la déportation à Bergen Belsen. conférence de Francine Christophe Mercredi 24 septembre 2008 à
14h30
En 1940, les enfants de prisonniers de guerre français en Allemagne deviennent les protégés de Pétain. Maryvonne Braunschweig rappelle que, de France, 11 000 enfants juifs ont été déportés et assassinés. Francine Christophe, née en 1933, est issue d’une vieille famille bourgeoise qui a compté des généraux, des médecins, des mathématiciens, des œnologues, des musiciens. Elle fait partie d’une famille non pratiquante, qui se sent française. Aussi, quelle a été leur stupeur devant ce qui va leur arriver. Francine est fille de prisonnier de guerre. Elle a 8 ans et demi lorsqu’elle est arrêtée avec sa mère en essayant de passer la ligne de démarcation, à La Rochefoucauld, en Charente, le 26 juillet 1942. D’abord enfermées dans la salle des fêtes, elles sont envoyées à la prison d’Angoulême où sa mère est obligée de brosser le couloir. Des chants patriotiques s’élèvent du quartier des hommes pour ceux qui vont être fusillés. Francine et sa mère vont connaître plusieurs camps d’internement en France Elles rejoignent le camp de Poitiers en autocar. Là, juifs et Tsiganes sont gardés par des gendarmes, il n’y a pas d’Allemands. Dans ce camp où grouillent les rats, les puces, et les vers blancs, ils sont nourris d’un brouet, sont comptés par les gendarmes. Quelques jours après, elles sont conduites en wagon à bestiaux à Drancy, camp occupé par les juifs de « la rafle des notables », et par des femmes de prisonniers. Ils sont à 80 dans une chambrée, ont droit à une auge avec des robinets pour se laver, un matelas sale pour deux. Des départs pour Pitchipoï ont lieu 2 à 3 fois par semaine. A la baraque de fouille, des jeunes français, brutalement, déchirent des livres de prières, cassent des jouets des enfants, prennent ce qui a de la valeur. Il faut porter l’étoile, peinte au pochoir par manque de tissus. Elle rencontre des « Amis des juifs », internés parce qu’ils ont mis une étoile par solidarité. La foule de Drancy est bruyante, atroce, bouge et crie. Elle voit arriver des enfants blessés, sales, hébétés, attachés avec une ficelle par le cou par famille, les grands portant les petits. A Drancy, sa mère qui va aux « pluches », ramène des pommes de terre. Elles ont droit à du courrier, des colis. Elle a faim. En payant les gardiens, il y a possibilité de faire sortir des lettres. Elles y restent 3 semaines. Puis elles sont transférées, en wagon à bestiaux accroché à un train de voyageurs, à Pithiviers pour 3 semaines. Elle trouve un trèfle à quatre feuilles. Des gens qui ont essayé de franchir la ligne de démarcation sont dans ce camp. Ils sont dans de la paille souillée. Un jour, elle est sur la liste des partants sans sa mère. Celle-ci fait une crise de colère, tout en énonçant la litanie de généraux de la famille au gendarme qui pense qu’il y a eu une erreur. Les démarches inutiles Elles sont envoyées en wagons à bestiaux à Beaune la Rolande où elles arrivent dans un camp presque vide, sale, maculé d’excréments, de sang et de boue. C’est là que des enfants de la rafle du Vél’ d’hiv’ ont été blessés en étant séparés brutalement de leur mère. C’était ceux qu’elle a vus à Drancy. Sa mère doit nettoyer matelas et couvertures répugnants avec une autre femme contre une tranche de pain d’épices. Francine se met « en congé de douleur ». Elle est en vacances, chante, lit, écrit, et pourtant il se passe des choses terribles. Elle reste 9 mois dans ce camp. Sa mère est chef de baraque. Le père de son Stalag en Allemagne écrit partout pour les faire libérer. Mais les personnes contactées butent sur les mots : « ascendance israélite ». Même une entrevue du deuxième mari de sa grand mère, avec Pétain n’aboutit pas car « Des juives ! » dit Pétain. Le père qui s’inquiète sur les déportations, fait parvenir une lettre à Pétain sans résultats. Le 21 juin 1943, elles retournent à Drancy en wagons à bestiaux. Elles y restent 11 mois. Le 2 juillet 1943 le camp de Drancy est transmis aux Allemands. Les gendarmes sortent du camp. Ce n’est plus Pétain. Francine Christophe a passionné son auditoire et a précisé certains points au cours du débat. Elle a été déportée avec sa mère en mai 1944 avec d’autres femmes et enfants de prisonniers de guerre français, juifs. Ils ne vont pas à Auschwitz mais deviennent des « juifs d’échange » à Bergen-Belsen. Le père, prisonnier, a donné un statut spécial à sa femme et à sa fille qui sont non déportables selon la convention de Genève. Sur son retour, elle explique que
bonne élève jusqu’à 8 ans, elle a du mal à
reprendre des études.
Bibliographie :
CHRISTOPHE Marcelle et Robert, Une famille dans la guerre, L’Harmattan, 1995 (rééd. de "Le miracle de nos prisons aux presses de la Cité, 375 pages, 1974) Lettres de Drancy, introd. par Denis Peschanski, textes réunis et présentés par Antoine Sabbagh. Paris, Taillandier, 2002, 287 p. RAJSFUS (Maurice), Drancy : un camp
de concentration très ordinaire, 1941-1944, Paris, J’ai lu, 2004,
411 p.
DRANCY, 20 août 1941-17 août 1944.
Le
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N Mullier - DL 2008 |